-18

Certains contenus sur les pages suivantes sont de nature érotique ou pornographique. Si tu ne souhaites pas voir un tel contenu, ou si la législation dans ton pays ne t'autorise pas à le faire, n'entre pas sur ce site.

Les Priapiques

Cum cunno mihi mentula est vocanda.

Ombres

photo

1
Laisser un commentaire

L'internat

L’internat. Six jeunes adultes dans la même chambre pendant une année entière. Bien sûr, il ne s’y passe jamais rien. Il n’y a pas de pédés. Au pire, ça mate discrètement sous la douche, ça joue au strip poker parce que c’est drôle (et pas du tout parce que ça permet d’assouvir quelques fantasmes exhibitionnistes), mais ça ne va jamais bien loin.

Une nuit, une insomnie, tu te réveilles à trois heures du matin. Impossible de te rendormir. Allongé sur le dos, les mains derrière la nuque, pour passer le temps, tu écoutes les respirations régulières de tes camarades. C’est calme, apaisant. Soudain, dans l’obscurité, le bruit discret d’un drap que l’on froisse. Tu n’y prêtes pas attention. Probablement un gars qui se retourne dans son lit. Quelques instants plus tard, le même bruit. Tu tends l’oreille. Ça se répète encore. Et encore. Pas de doute, quelqu’un, quelque part, dans cette chambre, a la main qui frotte doucement, tout doucement, mais en cadence, contre ses draps. Un de tes cinq potes est en train de se branler.

Lequel ? Le bruit vient d’en face, ce n’est ni ton voisin de droite, ni ton voisin de gauche. Ce ne peut être que Jérôme, Fred ou Karim. Mais impossible de savoir lequel. L’alignement d’armoires entre ta rangée de lit et la leur t’empêchent de localiser précisément l’origine du bruit. De toute façon, ça ne t’avancerait pas à grand chose. Même pas à mieux imaginer la scène. Tu les as tous vus à poil en de nombreuses occasions, mais jamais en érection, et Dieu sait comment une queue en pleine action peut être différente de la même queue au repos.

Le bruit est régulier désormais. Au début, il ne se donnait probablement que quelques caresses ; mais il a maintenant dépassé le point de non-retour, celui où il va devoir aller jusqu’au bout. Tu imagines sa queue dure, sa main qui va et vient lentement dessus, son gland humide. Tu imagines les efforts qu’il a déployé tout à l’heure pour ôter son boxer le plus discrètement possible dans son lit, les efforts qu’il doit déployer en ce moment même pour maitriser sa respiration. La lenteur. Tout est dans la lenteur. Un geste trop brusque, un mouvement trop saccadé pourrait faire du bruit, réveiller quelqu’un et le trahir.

Tu écoutes. Tu n’as jamais été aussi concentré sur un seul de tes sens – l’audition. Tu ne peux faire que ça. Écouter. Et bander. Surtout ne pas bouger. Le moindre bruit lui ferait comprendre que tu es réveillé, que tu l’épies. Il arrêterait immédiatement. Dans l’obscurité totale, tu guettes ses changements de rythme, tu étudies sa respiration, tu essaies de deviner à quel stade il en est, tu imagines à quoi il pense.

Ca dure longtemps. Très longtemps. Pas étonnant, il se caresse si lentement. Soudain, un râle vaguement contenu, un froissement de drap un peu plus marqué. Il a fini.

Et tu restes avec ton érection, allongé sur le dos, les mains derrière la nuque, l’esprit plein d’images excitantes, encore moins capable de dormir que tout à l’heure. Tu vas devoir te branler. Tu le sais. Tu n’as pas le choix. Alors, tu commences à imaginer les efforts que tu vas devoir déployer pour ôter ton boxer le plus discrètement possible, les efforts que tu vas devoir déployer pour maitriser ta respiration.

La lenteur. Tout va être dans la lenteur.

7
Laisser un commentaire

Sans titre

photo

0
Laisser un commentaire

Ne dis pas…

Le vocabulaire, c’est important.

Si tu sors d’une séance de bondage où l’un des participants était particulièrement enjoué, ne dis pas : « Untel était déchaîné ! » mais dis plutôt : « Untel était enchaîné ! »

Si après avoir un peu trop bu, tu te retrouves embarqué dans un plan uro, ne dis pas : « j’ai trop picolé ce soir ! » mais dis plutôt : « ma soirée a été bien arrosée ! »

Si, alors que tu pénètres dans un donjon SM, tes narines sont agressées par l’odeur de mâle, ne dis pas : « ça sent mauvais ! » mais dis plutôt : « ça fouette, ici ! »

0
Un commentaire

Épreuve Théorique Générale

(Désolé, je viens de rapasser le code de la route et je crois que ça m'a traumatisé…)

Ce panneau indique que si je me dirige vers la droite, je vais pouvoir trouver :

A. Des toilettes pour hommes.
B. Des toilettes pour femmes.
C. Un glory hole.
D. Steevy Boulay.

Ce garçon semble bien flacide. Pour l’exciter un peu, je peux utiliser :

A. Une main.
C. Un pied.
B. Ma langue.
D. Une photo de Jack Lang.

Un motard de la gendarmerie nationale me fait signe de m’arrêter :

A. Il est moche, je passe sans ralentir.
B. ll est mignon, je m’arrête.
C. Je lui demande de m’attacher à sa moto avec des menottes.

Le sexto, qui consiste à envoyer des photos de sa bite à ses amis par SMS, est une pratique :

A. Interdite.
B. Autorisée.
C. Recommandée.
D. Indispensable.

Ce type de cock-ring en caoutchouc est un accessoire qui :

A. Permet de s’exploser une couille en l’enfilant.
B. Donne l’impression d’avoir une bite plus grosse.
C. Empêche l’éjaculation.
D. Ne sert à rien.

Le sperme est :

A. Comestible.
B. Non comestible.

Je porte des baskets. Je peux les garder aux pieds pour :

A. Aller dormir.
B. Recevoir une fellation.
C. Me faire sodomiser.

Sur Grindr, je peux trouver :

A. Le grand amour.
B. Des photos de la salle de bain de mes voisins.
C. Des garçons polis et respectueux.
D. Pierre Palmade.

0
3 commentaires

La règle

23h30. Pour la centième fois de la journée, je vérifie que mon portable est bien allumé, qu’il n’est pas sur vibreur, que la sonnerie est réglée assez fort, que la batterie n’est pas déchargée. Mais non, tout va bien. Tout est normal.

Je ne peux pas me permettre de rater un seul SMS. C’est la règle du jeu. Douze heures de soumission totale. Douze heures pendant lesquelles il peut, à n’importe quel moment, autant de fois qu’il le souhaite, me demander de le sucer. Un message de sa part et je dois rappliquer dans l’instant pour m’occuper de sa queue, où qu’il se trouve, quelle que soit l’heure. C’est la Règle.

Le jeu a commencé officiellement ce midi. Il n’a pas perdu de temps, à 12h02 je recevais déjà un premier SMS. La journée passera vite, a-t-il dû se dire, autant rentabiliser au maximum ! Surtout que cette première pipe fut bien brève… Quelques coups de langue à peine et j’avais la bouche pleine de foutre. L’excitation de la rencontre, le sentiment d’assouvir un vieux fantasme, le désir trop longtemps retenu – nous nous préparions à cette journée depuis des semaines – je suppose que tout ça contribua à ce qu’il vienne si vite. Oui, c’était la première fois que nous nous rencontrions. C'était le genre de plan qu’on ne pouvait réaliser qu’avec un inconnu. Notre psychologie est ainsi faite qu’on a du mal à réduire un ami en esclavage alors qu’on y parvient très bien avec un parfait étranger, et moi, je voulais être esclave, sur ce coup-là.

À peine avais-je eu le temps de rentrer chez moi faire un brin de toilette qu’un deuxième SMS arrivait. Je m’y attendais un peu, après cette première pipe trop rapide. Cette fois-ci, évidemment, nous pûmes tous les deux en profiter un peu plus longuement.

Bip bip bip ! Troisième SMS. Je rappliquai aussitôt chez lui et sans un mot tombai à genoux, comme l’exigeait la Règle. Tout en m’appliquant à le satisfaire, je pensais, pourvu que la quatrième demande soit un peu plus exotique… Non pas que l’aventure devienne lassante, mais le sexe se nourrit de variété ! Je lui glissai une allusion à ce sujet en le quittant. Quatrième SMS. Tiens, il a compris le message : pour cette fois, je dois le rejoindre au supermarché du coin où il fait ses courses, pour une petite gâterie dans les toilettes. Hum, un lieu public, quelle délicieuse idée ! Une heure plus tard, cinquième SMS. Un parking souterrain. Sixième SMS. Chez un pote à lui qui nous regardera faire, le pantalon de son survêt' déformé par une énorme bosse à l’entrejambe – interdiction qu’il participe, la Règle, toujours la Règle ! Septième SMS. Huitième SMS. Il a de plus en plus de mal à jouir et quand il éjacule, ce ne sont plus que quelques gouttes. Mais il en veut encore. Neuvième SMS. Dixième SMS.

23h45. Plus qu’un quart d’heure avant que minuit ne sonne la fin du jeu. Je ne lâche plus mon portable des yeux. Je n’ai jamais été aussi excité de ma vie. Pourvu qu’il m’envoie encore un dernier SMS…

0
Laisser un commentaire

Côte à côte

photo

0
Laisser un commentaire

Sur le tapis

photo

1
Laisser un commentaire

Livreurs de pizza

Oui, je sais bien Monsieur le Juge, les apparences sont contre moi. Cette annonce que j’ai fait paraître, là. « Pizzeria recrute livreurs impérativement hétérosexuels. » Ce n’est pas ce que vous croyez, ce n’est pas du tout de la discrimination ou de l’homophobie ! Il faut que je vous explique.

Mon restaurant est situé en plein quartier gay. La majorité des livraisons à domicile se font chez des homos. Et vous ne le savez sans doute pas, Monsieur le Juge, mais la plupart des homos fantasment sur les livreurs de pizza, voyez-vous ? Résultat : mes clients offrent constamment à mes livreurs des pourboires, comment dirais-je, en nature, vous comprenez ? Une petite gâterie par-ci, une petite gâterie par-là… Moi sur le principe ça ne me gêne pas, mes livreurs sont jeunes, il faut bien qu’ils s’amusent. Et puis personne ne refuse une petite pipe, surtout comme ça, sans conséquence, entre deux portes ! Vous refuseriez ça, vous, Monsieur le Juge ? Ah ah ! Bien sûr que non. Alors imaginez des beaux garçons de 16 ou 17 ans qui ne pensent qu'au sexe. Les pourboires en nature, ils adorent ça !

Non, le problème, c’est la fin de la soirée. Au début, c’est rapide, le livreur dépose la pizza, encaisse l’addition, se fait sucer, en dix minutes l’affaire est réglée et le livreur est de retour au restaurant, prêt pour la livraison suivante. Mais au dixième client ? Eh bien, mes pauvres livreurs ont les couilles aussi vides et ratatinées que des olives sur une quattro stagioni, et la petite gâterie prend nettement plus de temps ! Vingt, trente minutes, parfois davantage ! Et moi, pendant ce temps, qui livre mes commandes en attentes ? Les pizzas mettent trop longtemps à arriver, ou bien elles arrivent froides, et c’est mauvais pour les affaires, ça, Monsieur le Juge.

Alors voilà, je cherche des livreurs exclusivement hétérosexuels. Comme ça, plus de pourboires en nature, plus de retard dans mes livraisons, plus de pizzas froides. C’est aussi simple que ça. Vous n’avez tout de même pas cru un moment que j’étais homophobe, quand même ? Allons, voyons.

Bon, et puis, vous me donnerez votre adresse, hein, Monsieur le Juge. Je vous ferai livrer une pizza gratuite pour vous remercier ! Dites-moi, vous préférez les blonds ou les bruns ?

4
Laisser un commentaire

La clef

photo

0
Laisser un commentaire

Nomenclature

Pour qualifier leurs découvertes, les scientifiques préfèrent aux longues périphrases inventer de toutes pièces des adjectifs improbables. Un médecin ne dira jamais d’une femme qu’elle n’a jamais été enceinte mais qu’elle est nulligeste, un botaniste ne dira jamais que le tournesol s’oriente vers le soleil mais qu’il présente un héliotropisme, et je viens de le découvrir, un zoologiste ne dit pas d’un animal qu’il a une queue épaisse, mais qu’il est crassicaude.

Crassicaude. C’est aussi beau que logique ! Crassi-, du latin crassus qui veut dire gros et -caude, du latin cauda qui veut dire queue. Mettons-nous dans la peau du zoologiste qui découvrirait la faune peuplant les quartiers gays, sortons notre bon vieux Gaffiot, et néologisons à notre tour !

Nous avons donc le pédé crassicaude, généralement très apprécié par ses partenaires – j’ai connu personnellement plusieurs crassicaudes et j’en ai toujours été fort satisfait. Il y a également le pédé angusticaude, du latin angustus qui veut dire étroit. Beaucoup moins apprécié des connaisseurs, mais souvent recherché par les néo-sodomites, pardon, par les passifs débutants, ceux qui ont peur d’avoir mal.

Nous pourrions également définir les pédés parvicaudes et magnicaudes, des adjectifs latins parvus et magnus qui signifient respectivement petit et grand. Signalons d’ailleurs que l’on peut parfaitement être à la fois parvicaude et crassicaude (c’est même plutôt agréable à regarder), ou bien à la fois magnicaude et angusticaude, ce qu’on appelle communément un bâton de berger.

Indépendamment des questions de taille, il faut aussi parler de l’aspect. Opposons donc le pédé levicaude, celui à queue lisse, au pédé vénosicaude, celui à veines apparentes. Le premier est probablement plus agréable à pratiquer, mais le second lui est esthétiquement bien supérieur à mon avis. J’ai en stock quelques photos de magnifiques spécimens vénosicaudes, peut-être vous les posterai-je ici un jour…

Ah, vivement que je sois maître du monde, que je puisse imposer cette magnifique terminologie en remplacement des tristes et trop peu précis BM, TBM et autres TTBM !

0
Laisser un commentaire

Attache-moi

photo

0
Un commentaire

À moto (1)

photo

0
Un commentaire

Narcisse

L’internet à haut débit nous a fait oublier à quel point se procurer du porno était difficile il y a ne serait-ce que dix ans. Il y avait les dictionnaires de médecine à la bibliothèque municipale, mais si l’on y trouvait bon nombre de photos de pénis, ils étaient rarement en érection. Il y avait toujours un oncle ou un cousin à qui on pouvait subtiliser de vieilles VHS des années 70, mais il fallait aimer la moustache. Il y avait la vente par correspondance, mais c’était délicat de recevoir de tels colis quand on habitait chez ses parents. Il y avait les sex-shops, mais encore fallait-il oser y entrer. Le mieux était quand même d’avoir une imagination fournie et une vie fantasmatique riche.

Un jour, à la fac, alors que je discutais avec un copain de cette inadmissible difficulté à nous procurer du porno, celui-ci m’avait confié qu’il résolvait le problème en bricolant lui-même ses propres films. C’était tout simple : il empruntait le camescope de ses parents et se filmait en train de faire un strip tease, en train de se caresser, en train de se branler. Il mettait ensuite de côté la cassette, le temps de « l’oublier » ; quand il la ressortait quelques mois plus tard, il découvrait les images d’un œil nouveau et pouvait s’exciter dessus comme s’il s’était agi d’un corps parfaitement étranger.

Je n’étais pas assez narcissique pour jouer à ça et de toute façon, mes parents n’avaient pas de camescope. Par contre, j’étais largement assez pédé pour m’imaginer me branler en regardant les vidéos que ce type me racontait avoir réalisées ! (Voire plus, mais ça, il ne fallait pas y compter : il prétendait être hétéro, ce qui était soit du déni pur et simple, soit un moyen commode de me faire comprendre que je n’avais aucune chance.)

Eh bien tu sais quoi ? Il n’a jamais voulu m’en prêter une seule ! Quel petit con d’allumeur…

0
3 commentaires

Rouge

photo

0
Laisser un commentaire

Sexe, drogue et rock’n’roll

Impossible d’aller chez moi, c’était trop loin. Impossible d’aller chez lui, il était jeune et vivait encore chez ses parents. Alors on s’est trouvé un terrain vague en bord de Seine, là-bas, au bout d’une impasse déserte, à la sortie de Corbeil-Essonne.

Il existe un point de bascule dans une relation amoureuse, un moment où l’on comprend que c’est gagné, qu’on va passer la nuit avec la personne désirée, que rien ne pourra plus l’empêcher, un moment où l’on est soudain libéré de l’angoisse de plaire et du besoin de séduire. Le meilleur dans l’amour, c’est quand on monte l’escalier, dit l’adage. Ce soir-là, nous étions en pleine montée d’escalier et cette montée, nous avions décidé de la faire durer un peu. L’eau clapotait doucement. On s’est posé dans l’herbe face à la Seine et on a fumé un joint.

La véritable intimité commence là. On discute à voix basse, dans le silence de la nuit, le visage faiblement éclairé par la lueur rougeoyante d’un pétard. On se rapproche petit à petit, on se frôle, on échange quelques secrets, on bande sûrement déjà un peu, c’est imperceptible mais le cœur bat déjà plus vite. Le temps est suspendu.

Soudain, au bord de l’eau, il a fait un peu froid. On est remonté dans la voiture. On a baisé toute la nuit, séparés du monde par une simple couche de buée sur les vitres.

Au petit matin, après l’avoir déposé en bas de chez lui, sur le chemin du retour, j’ai allumé l’autoradio. Pile-poil sur un vieux tube des Rolling Stones. Je me suis mis à sourire bêtement. Du sexe dans une voiture, de la drogue, et maintenant du rock’n’roll. Le cliché. Je venais de fêter mon quarantième anniversaire et j’avais l’impression d’avoir vingt ans à nouveau.

Je ne l’ai jamais revu. Un autre rendez-vous aurait été décevant. S’il y a bien une chose qu’on apprend avec l’âge, c’est que certaines magies ne peuvent opérer qu’une seule fois.

0
Un commentaire



Page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7