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Les Priapiques

Cum cunno mihi mentula est vocanda.

Du péril de la non-mixité

J’ai toujours trouvé délicieusement ironique le principe de non-mixité. Vestiaires, internats, hammams, toilettes publiques… Tout est conçu pour garder les uns et les unes à bonne distance. Je comprends bien qu’il s’agit éviter que ne surviennent des circonstances susceptibles d’attiser les envies sexuelles entre hommes et femmes ; mais à vouloir ainsi sauvegarder la morale, on l’expose paradoxalement à un péril bien plus grand encore : celui d’attiser les envies sexuelles entre hommes !

Ainsi, lorsque j’étais au lycée, les passages hebdomadaires par les vestiaires du gymnase avant et après chaque cours d’éducation physique, loin d’éteindre en moi toute pulsion sexuelle, étaient plutôt de nature à mettre le feu à mes hormones adolescentes. Je préférais ces jours-là venir au lycée directement en jogging pour éviter d’avoir à me changer devant tout le monde. C’est qu’en slip, il m’aurait été difficile de camoufler l’érection qui me venait invariablement lorsque mes camarades, eux, se déshabillaient. Un jour, l’un d’eux dû percevoir mon trouble (et mes regards obliques vers son paquet) parce qu’il me lança un menaçant « alors, tu mates ? ». J’avais nié farouchement, tu penses.

Même chose à l’armée, où les dortoirs non mixtes et les visites médicales collectives, probablement innocentes dans la tête du bidasse qui avait imaginé l’organisation de la caserne, évoquaient plutôt pour moi le mauvais film porno. Je me rappelle notamment d’une éprouvante séance d’analyse d’urine, où j’avais dû pisser dans un bocal entouré d’autres mecs à poils qui tous, la bite à l’air, pissaient également dans leurs bocaux respectifs ; j’avais eu la plus grande difficulté à me concentrer sur l’opération, à convaincre mon regard de ne pas s'égarer à droite et à gauche, à convaincre ma bite de rester vers le bas.

La fin de la visite médicale d’incorporation, elle, n’était pas collective, mais individuelle. Heureusement, parce que la dernière étape consistait pour le toubib à tâter les testicules des appelés pour s’assurer que tout était bien en place. Ah, quel beau poste que celui qu’occupait ce médecin ! Voir ainsi passer devant soi toute une classe d’âge de la jeunesse française afin de vérifier qu’elle était normalement couillue… J’avais été tellement surpris, je ne m’y attendais tellement pas, que je n’avais même pas eu le temps de bander quand il m’avait baissé le slip et tâté les bourses.

Par contre, je pense que depuis, je me suis branlé un bon milliard de fois en repensant à ces quelques secondes.

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Aussie Rouge

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Random Sex Game

Lassé des parties de « Action ou Vérité ? » qui tournent court en quelques minutes parce que ton partenaire se jette sur les gages sexuels dès le premier défi ? Ajoute donc une pincée de hasard dans le jeu pour modérer ses ardeurs !

But du jeu

Le but est d’être le dernier à jouir. Chacun doit donc exciter l’autre le plus possible tout en gérant sa propre excitation.

Règles

Pour jouer, en plus d’un garçon consentant et peu farouche, il te faut deux dés à six faces et un minuteur. Le premier dé servira à tirer des gages au sort, tandis que le second servira à déterminer la durée du gage.

Avant de jouer, il convient établir une liste de six gages, triés du plus innocent au plus voluptueux. Dans l’idéal, les trois premiers se pratiquent habillés tandis que les trois derniers imposent de se dévêtir. Je propose la liste suivante, mais bien sûr, tu peux l’adapter à ton goût ou en changer l’ordre selon ta sensibilité :

1. Massage d’un pied
2. Massage du dos
3. Massage de l’entrejambe
4. Masturbation
5. Léchage du sexe (ou anulingus si tous les participants aiment)
6. Fellation

Il faut également établir une liste de six durées. Le plus simple est de partir sur 1 point du dé = 1 minute, mais si tu trouves que cela conduit à une partie trop lente qui manque de rythme, tu peux accélérer les choses en prenant 1 point = 30 secondes, par exemple.

Déroulement du jeu

On joue chacun à tour de rôle. Pour déterminer qui commence, on peut lancer chacun un dé ; celui qui obtient le plus petit score joue en premier.

Le premier joueur lance les deux dés jusqu’à trois fois de suite, afin d’obtenir la combinaison qui lui semble la meilleure. À chacun des trois lancers, il peut remettre tous les dés en jeu ou au contraire en conserver un. S’il obtient une combinaison qui le satisfait avant le troisième lancer, il peut s’arrêter.

La combinaison obtenue détermine alors ce que l’autre joueur va devoir lui faire et pendant combien de temps, suivant le barème fixé au départ. Le joueur qui a lancé les dés reste libre d’interpréter la combinaison dans le sens qui l’arrange. Par exemple, s’il tire un 6 et un 3, il peut choisir soit de recevoir un massage de l’entrejambe pendant six minutes, soit de recevoir une fellation pendant trois minutes.

L’autre joueur effectue alors le gage demandé, puis c’est à son tour de jouer. On continue ainsi jusqu’à ce qu’un des joueurs éjacule ; il a alors perdu. Pour chaque joueur, la stratégie consiste donc à jongler entre l’envie de recevoir les gages les plus agréables et l’envie de gagner, c’est-à-dire l’impératif de ne pas jouir…

Phases de jeu

Idéalement, le jeu se déroule en deux phases : une première partie habillée et une seconde dévêtue. Cela permet de créer une progression dans la tension sexuelle et de ne pas attaquer directement par une pipe de six minutes.

Dans la première phase de jeu, seul les gages n°1 à n°3 sont autorisés. C’est-à-dire que si un joueur ne parvient pas à avoir au moins un dé inférieur ou égal à 3 à l’issue de ses trois lancers, il passe son tour. Dans la seconde phase du jeu, en revanche, tous les gages sont autorisés.

Le passage de la première à la seconde phase se fait selon un accord fixé entre les joueurs au début de la partie. Par exemple, on peut décider que la seconde phase commence après que chacun a joué cinq fois ; ou bien après trente minutes de jeu ; ou bien encore (ma variante préférée), on additionne les points obtenus à chaque tour et on décide qu’un joueur passe en phase 2 quand il a totalisé au moins 31 points.

Variantes à plus de deux joueurs

Si tu as la chance d’avoir plusieurs garçons entreprenants à ta soirée, il est tout à fait possible de jouer à plus de deux ! Il suffit de définir à l’avance l’ordre de passage de telle sorte qu’en moyenne chacun ait l’occasion de tripoter tout le monde. Par exemple, à trois joueurs, on peut partir sur l’ordre suivant :

A joue avec B
B joue avec C
C joue avec A
A joue avec C
B joue avec A
C joue avec B

Il est aussi possible de jouer par couples. Dans ce cas, chaque couple joue à tour de rôle, comme dans la version à deux joueurs ; et le gage décidé par le hasard est exécuté simultanément, en parallèle, par les deux membres du premier couple sur les deux membres du second couple. Tu peux aussi imaginer d'autres combinaisons si tu préfères.

Amuse-toi bien !

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Reebok

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La surprise

De nos jours, personne n’imagine rencontrer un mec sans avoir vu sa bite avant. Point de salut sur GrindR ou sur Hornet si tu n’as pas au moins une photo privée sur ton profil ; quoi, avec ton smartphone de quarante-et-un méga-pixels dernier cri, tu ne peux même pas m’envoyer des pics de ta queue ? Ou une vidéo de ta dernière éjac’ ? NEEEEEXT !

Cette évolution dans les mentalités est bien dommage parce que justement, je tiens la seconde où l’on découvre la bite d’un partenaire encore inconnu comme le meilleur moment du sexe. Donc autant le faire en live plutôt que par écran interposé… C’est que j’aime bien glisser une main dans un pantalon sans savoir ce que je vais y trouver, jouer avec la chose, la sentir gonfler à travers le boxer ou le slip, glisser un doigt jusqu’à la zone très sensible qui se trouve entre la cuisse et les couilles, faire courir ma langue sur la toile de coton tout autour du gland, renifler l’odeur imprégnée dans le tissu, bref, retarder le plus possible l’instant où je vais ôter ce fichu sous-vêtement et découvrir de visu ce qui s’y cache.

Surprise !

Parfois bonne, parfois mauvaise, la surprise. Je me rappelle de ce maître-nageur au corps absolument parfait qui s’avéra souffrir d’un micro-pénis. Je me rappelle de ce flic innocent qui trimballait une matraque énorme dans son caleçon. Je me rappelle de tous ces garçons circoncis. Je me rappelle de tous ces garçons non-circoncis. De ceux dont le gland se découvre largement et de ceux dont le prépuce est trop étroit. De ceux qui bandent droit, de ceux qui bandent en biais, à gauche, à droite, vers le haut ou vers le bas. De ceux qui l’ont courte et épaisse comme de ceux qui l’ont longue et fine. Si la surprise est bonne, tant mieux, ça décuple l’excitation de la boîte à fantasme qu’on a dans le crâne ; sinon tant pis, on sait qu’on passera un bon moment quand même, parce que déballer le cadeau aura été au moins aussi amusant que le cadeau lui-même.

Mais que cette petite confession ne te dissuade pas de m’envoyer des sextos ! C’est juste que maintenant, tu sais que je serai plus sensible à un boxer déformé par une grosse érection ou à un gland qui dépasse d’un jean dans la pénombre, qu’à une photo de bite franche et directe…

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Action

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Le déni (suite)

Je discutais avec lui sur un site de rencontre depuis quelques semaines. Le courant passait bien entre nous, alors quand il m’a dit : « Je suis dans mon lit devant un porno, mes parents ne sont pas là, la maison est vide, tu veux me rejoindre ? », j’ai accepté. Il m’a donné son adresse, m’a dit d’entrer directement, que la porte n'était pas fermée, que le chien n’était pas méchant, que sa chambre se trouvait à l'étage. Trente minutes plus tard, j’étais à poil sous sa couette devant un porno des pays de l’Est.

Alors que mes mains découvraient de jolis abdos imberbes, il me glissa : « Dis donc, le temps que tu arrives, j’ai discuté avec un autre mec et je lui ai dit de venir aussi, ça ne t’embête pas ? » Oh ben non, au contraire, tu penses. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous serrions à trois dans le lit. À l'écran, un blondinet avec une queue énorme se faisait démonter par un autre minet dans une usine désaffectée.

Monsieur n°3 et moi avons caressé, embrassé, massé, branlé, sucé notre hôte pendant toute la durée du film, qu'il continuait à mater du coin de l'œil. Après une heure et demi de nos petites attentions et malgré toute l'aide des studios EuroCreme, il n'avait toujours pas joui. Certains mecs sont endurants, mais là, on commençait tout de même à se lasser un peu… D'autant plus qu'il n'exprimait rien, ni plaisir, ni déplaisir, ni encouragement, ni demande particulière. (Les mecs qui ne gémissent pas quand on les suce, cette plaie infernale.) Quand soudain il nous repoussa et déclara : « Non mais les gars, arrêtez, je n'y arriverai pas. Le problème c'est que je suis hétéro, en fait. »

Un hétéro qui traine sur des sites de rencontres entre hommes pour inviter deux mecs dans son lit à regarder un porno gay. Oui, bien sûr, tout à fait logique. Ça m’attriste tellement ces garçons à la sexualité insatisfaite parce qu’ils découvrent soudain qu’ils sont ce qu’on leur a appris à détester…

Après un coup pareil, Monsieur n°3 et moi nous sommes rhabillés quelque peu frustrés. Je lui ai proposé d'aller chez moi pour terminer la soirée entre nous. Il a accepté. Deux heures plus tard, nous nagions dans les endorphines, les capotes usagées et les flacons de lubrifiant vides. Un petit plaisir simple, direct, efficace. Auquel je n’aurais pas pu accéder dix ans plus tôt.

Parce que dix ans avant cette histoire, c’est moi qui étais dans le déni.

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Jeux de soumission

Il avait une belle bite. Vraiment belle. Épaisse, virile, puissante, élégamment courbée, le genre que tout garçon sensible adore vénérer. Nous avions commencé par sortir ensemble, mais notre relation tourna court par manque d’atomes crochus ; sans compter qu’il était toujours fourré à l’autre bout du monde, exerçant comme personnel navigant sur une grande compagnie aérienne, et je ne me voyais pas un avenir en femme de marin.

Je n’avais néanmoins pas l’intention de renoncer à sucer une queue aussi parfaite ! Notre relation continua donc sur le mode plan cul régulier. De temps en temps, une ou deux fois par mois peut-être, je lui proposais un petit scénario improbable : en survêtement dans les caves de sa résidence, en maillot de bain dans les vestiaires de la piscine, en pleine nuit sur un banc dans le parc de la mairie, en costard dans un hall d’immeuble… À chaque fois le principe était le même ; nous faisions semblant de ne pas nous connaître et de nous croiser par hasard, je l’entrainais dans un coin discret, je le suçais à genoux, on se séparait. Ce petit jeu de soumission et ces mises en scènes dignes d’un mauvais film porno m’amusaient follement !

Et puis un jour, j’ai compris que lui ne jouait pas. Alors que je prenais beaucoup de plaisir à imaginer et à préparer ces petits scénarios (presque plus qu’à les réaliser…) lui était juste content d’avoir trouvé un vide-couilles obéissant. De complicité il n’y avait guère et j’ai arrêté de le fréquenter.

C’est que dans un jeu de soumission, le mot important, c’est « jeu ». Quand on enlève la dimension ludique, il ne reste plus que l’humiliation de se sentir rabaissé. Certains aiment peut-être. Moi, pas.

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Sneakers

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Le déni

J’avais rencontré Rehan sur un quelconque site de cul. Il m’avait dit : « Je ne cherche pas de contact physique, seulement un mec un peu exhib et obéissant. » Ces deux qualités m’ayant semblé tout à fait correspondre à mes compétences et n’ayant rien de mieux à faire ce soir-là, j’avais accepté une rencontre.

Rendez-vous à minuit sur la place du marché. Je n’eus aucun mal à le repérer, seul dans sa Clio sur le parking désert, le visage faiblement éclairé par l’écran de son téléphone portable. « Viens, je connais un endroit. » me lança-t-il à travers la vitre passager entrouverte. Je m’installai à bord et nous nous mîmes en route. Échange de banalités. Quelques minutes plus tard, il stoppait son véhicule au milieu d’un immense champ agricole. Astucieux ! Habituellement, pour ce genre d’activité, on recherche plutôt la discrétion qu’offrent les chemins forestiers, les parkings souterrains, les buissons, les toilettes publiques… Mais à bien y réfléchir, un champ plat et dégagé à perte de vue est tout aussi adapté : les passants sur la route au loin ne pouvaient pas voir ce que nous faisions, tandis que nous repérerions facilement tout curieux tentant d’approcher.

Nous basculâmes légèrement les dossiers des sièges pour être à l’aise, puis il commença à m’expliquer ce qu’il voulait. « Enlève ta ceinture. Ouvre ta braguette. Tu as un boxer ? Ah oui, très bien. Glisse ta main à l’intérieur. Fais grossir ta queue. Je veux voir le tissu gonfler. Voilà comme ça. J’adore. Maintenant baisse un peu ton boxer. Branle-toi. Plus doucement. Non, ne mets pas ta main là, je veux voir tes couilles. Oui comme ça plutôt. Continue. » Et ainsi de suite.

Tout en me pliant à ses caprices, j’observais l’entrejambe de Rehan du coin de l’œil. De toute évidence je lui faisais de l’effet et de fait, il ne tarda pas à sortir sa queue lui aussi. Il se pencha pour extraire un petit flacon de gel du vide-poches, s’enduisit la main gauche de lubrifiant et commença à se branler. Voir ce beau mâle s’astiquer à quelques centimètres de moi sans pouvoir le toucher était aussi frustrant qu’excitant. Je redoublais d’application, m’attachant à obéir scrupuleusement à la moindre de ses volontés.

Je n’eus aucun mal à jouir lorsqu’il m’ordonna de le faire. La vue du sperme décupla son excitation : sa queue se raidit soudain et il éjacula quelques secondes après moi.

Sur le trajet du retour, il m’apostropha.

— Je ne suis pas pédé, tu sais.
— Je n’ai jamais dit que tu l’étais.
— Non, je précise, parce que je ne voudrais pas que tu te fasses des idées sur mon compte. Je n’ai jamais couché avec un mec, moi. Je regarde juste. Tu as vu ? Je ne t’ai pas touché, tu ne m’as pas touché. Jamais de contact. Je regarde juste. Je suis 100 % hétéro, mon pote.
— Tu fais comme tu veux, ça ne me pose aucun problème.

Nous étions de retour sur la place du marché. J’abandonnai Rehan à ses certitudes rassurantes et m’en retournai récupérer ma voiture.

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Pump !

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La balade en moto

— Donc il faut que je monte là-dessus ? demande Adrien, fixant incrédule les quelques centimètres carrés de selle à l’arrière de la Kawasaki.
— Oui.
— Mais… Mais… Il n’y a pas la place !
— Si, il y a la place, c’est étudié pour.
— C'est étudié par des Japonais, pour des Japonais. Ils doivent avoir de tous petits culs ces gens-là. Pas comme moi.
— Ton cul est parfait et tu vas le poser sur cette selle.
— Bon. Et je me tiens à quoi ?
— À moi. De toute façon, il n’y a rien d’autre à quoi se tenir. (C’est même tout l’intérêt de la chose, ajoute Sofiane pour lui-même). Mais d’abord, l’équipement. Ton casque. Voilà. Ferme bien ton blouson, si le vent s’engouffre dedans, tu vas t’envoler. Et tes gants.
— Quoi, il faut que je mette ces gros gants, aussi ?
— Oui, c’est pour t’empêcher de tripoter le pilote.
— Zut, moi qui espérais justement…

Ils montent sur la machine. Sofiane presse le démarreur. Le bruit rauque du bicylindre s’élève aussitôt. Claquement sec de la première. La moto s’ébroue, comme prête à bondir. C’est parti.

L’accélération. Adrien ne s’attendait pas à une telle accélération. La seconde d’avant il se tenait mollement au pilote, décontracté, faisant le malin. Maintenant il s'agrippe de toutes ses forces à Sofiane tandis que l’adrénaline se répand dans ses veines et que la peur tétanise ses muscles. Ça va vite. Ça bouge. Ça vibre. C'est dynamique. Premier rond point. Ils prennent un angle effrayant, Adrien a l’impression que son genou va toucher le sol, que les pneus n’encaisseront jamais, qu’ils vont partir en glissade. Sortie du rond point, la moto bascule brutalement sur l’angle opposé. Le voyage ne s’annonce pas reposant… Ils s’engagent sur l’autoroute. Le moteur hurle, monte dans les tours en une fraction de seconde pour redescendre d'un ton à chaque changement de rapport. Troisième. Quatrième. Cinquième. Sixième. Adrien ne peut pas lire le compteur de vitesse de la place où il se trouve, mais aucun doute : ils vont très vite.

L’autoroute cède bientôt la place à une petite départementale toute en virages. Un coup à droite, un coup à gauche. Adrien se colle à Sofiane, le serre du mieux qu’il peut, luttant contre sa peur pour se décontracter, pour suivre le mouvement en souplesse, pour ne pas contrarier les déhanchements du pilote qui permettent d’inscrire la moto dans les courbes. Leurs dos ondulent maintenant de concert au rythme des prises d’angle. Un coup à gauche, un coup à droite. C’est comme une danse synchronisée, une danse sensuelle, une danse où les deux partenaires seraient soudés l’un à l’autre. Et cette impression enivrante de subir, d’être à la merci, de perdre totalement le contrôle, de ne rien pouvoir faire d’autre que de remettre son destin entre les mains du gars en cuir, là, devant…

— Alors, ça t’as plu ?
— Grave ! À la fois la plus grosse frayeur et le plus gros pied de toute ma vie ! Il va me falloir trois jours pour retrouver un rythme cardiaque normal.
— À ce point ?
— J’ai bandé pendant tout le trajet !
— Parfait. Reste comme ça, maintenant je vais te montrer comment manier la poignée.

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Main

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Privation sensorielle

Tu ne vois rien, ils t’ont bandé les yeux. Tu ne ressens aucun contact sur ta peau, ils t’ont déshabillé et emballé dans du film plastique. Tu ne peux pas bouger un seul membre, ils t’ont attaché sur le lit. Tu n’entends rien, ils t’ont mis des bouchons de mousse dans les oreilles. Tu ne sens rien, ton odorat est saturé par l’odeur du latex. Seules ta bouche et ta queue ne sont pas entravées. De tous les sens qui te relient habituellement au monde, seuls le goût et le sexe ne sont pas en berne et fonctionnent encore.

Tu dis « ils » mais en réalité, tu n’as pas la moindre idée de leur nombre. Régulièrement, une queue vient s’introduire dans ta bouche. Tu la têtes. C’est un réflexe. De toute façon tu ne peux rien faire d’autre. Mais est-ce toujours la même ? Deux fois déjà ça s’est fini par une giclée de foutre au fond de ta gorge, ce qui tendrait à prouver qu’ils sont plusieurs. Mais après tout, certains mecs peuvent jouir plusieurs fois de suite. Et puis tu perds un peu la notion du temps. Ça fait peut-être des heures que tu es là. Largement le temps pour l’autre de recharger même s’il est tout seul.

Parfois, une caresse sur ta bite. Un doigt qui remonte doucement sous la verge, de la base jusqu’au frein. Ou une langue qui fait délicatement le tour de la couronne du gland. Tu ne t’y attends pas. Décharge électrique. Peau de tes couilles qui se tend, gland qui grossit comme s'il allait exploser. Tu donnerais n’importe quoi pour qu’ils continuent. Mais le plus souvent, ils ne vont pas plus loin. La frustration te donne envie de hurler mais tu te retiens : tu sais que ça ne servirait à rien. Ce n’est pas toi qui commande.

Une nouvelle bite se fraie un chemin dans ta bouche. Privé de la distraction des autres sens, ton goût s'en trouve décuplé, tu découvres la complexité des saveurs du liquide séminal. Tu savoures, essayant de le rattacher à des choses connues : le goût des larmes, un petit côté sucré (comme de la nectarine peut-être ?) et surtout cette odeur musquée, masculine, enivrante, qui laisse une petite croûte de sel sur tes lèvres en séchant. Soudain ils empoignent ta queue. La font pénétrer dans un fourreau. Tu penses à un fleshlight. La surprise te coupe le souffle. Te fait pousser un petit cri. Le sextoy va et vient lentement, ta respiration se cale sur le même rythme.

N'importe quel témoin qui assisterait à la scène (D'ailleurs, qui sait s'il n'y en a pas, des témoins ? Tu n'as aucun moyen de le savoir !) verrait en toi un esclave sexuel, attaché, soumis. Mais tu sais bien que c'est le contraire. Et eux aussi le savent. C'est toi qui prend ton pied. C'est à toi qu'ils font plaisir. C'est toi qu'ils guident vers des territoires inexplorés de ta propre sexualité.

Tout à l'heure tu suppliais qu'ils te touchent, tu pries maintenant pour qu'ils arrêtent. Tu ne tiendrais pas longtemps à ce rythme. Tout le monde sait bien que le jeu s'arrêtera lorsque tu auras éjaculé et que ton excitation retombera. Personne ne veut que ça arrive.

Ils ont compris. Le mouvement s'interrompt. Ils retirent le fleshlight.

Plus rien. Les minutes s'écoulent. Tu finis par te demander s'ils n'auraient pas quitté la pièce. Tant mieux. Que la tension retombe. Que tu reprennes ton souffle. Que le jeu puisse durer encore longtemps.

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Autoportrait

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L'entremetteur

Rien de plus répandu que le fantasme de l'ouvrier ou du livreur, de l'inconnu qui débarque à domicile et hop ça dérape. Qui n'y a jamais pensé en commandant une pizza ou en se faisant livrer un colis ? Qui n'a jamais été hypnotisé par le jogging moulant du gars qui vient changer les bonbonnes des fontaines à eau au boulot ? Qui n'a jamais pris un gros coup de chaleur en voyant saillir sur les avant-bras d'un déménageur des veines gonflées par l'effort ?

Hélas, si ce fantasme est grand pourvoyeur de scénarios pour l'industrie des films pour adultes, il est pratiquement impossible à réaliser en pratique. C'est que dans la vie réelle, il y a fort peu de chance de tomber sur un plombier ou un livreur ouvertement homo ! Surtout que nous vivons dans un monde où il n'est pas socialement acceptable de proposer une fellation à un inconnu. (Enfin si, sur les réseaux sociaux, mais ce n'est pas le sujet.)

Une solution, très prisée par certains – je crois qu'Alex « FILF » Taylor en parle dans un de ses bouquins – consiste à monter un jeu de rôle. Tu demandes à un sex friend de se déguiser en livreur à mobylette, il vient sonner à ta porte avec un carton de pizza habillé en wesh wesh, tu joues au client innocent, tu lui proposes un pourboire et trois secondes plus tard tu te retrouves à genou avec sa bite dans la bouche. Tous les éléments du fantasme sont là mais tu vas me dire : c'est du toc, ça sonne creux. Et tu n'auras pas tort. Un détail vient parasiter le scénario : tu connais à l'avance le livreur et ce qui va se passer.

Heureusement, améliorer le principe est fort simple ! Il suffit d'un entremetteur… Tu appelles ton sex friend habituel, mais au lieu que ce soit lui qui vienne te livrer une pizza, il envoie une de ses connaissances que tu n'as jamais vue, et qu'il saura choisir parce qu'il connait tes goûts. Et voilà.

Veux-tu que je t'entremette ?

(L'inconvénient reste toutefois que si le pourboire au livreur se prolonge, tu risques de manger une pizza froide. Mais je ne vais pas résoudre tous tes problèmes d’un coup, hein.)

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