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Les Priapiques

Cum cunno mihi mentula est vocanda.

La lenteur

Il y a quelques temps, j’ai vu passer sur twitter, n’ayons pas peur des mots, une vidéo de fellation parfaite. Si tu te demandes à quoi ça pouvait bien ressembler, c’est bien simple : c’est comme une fellation normale, mais en plus lent.

Il faut reconnaitre que sur cette vidéo, le pompé possédait un fort joli organe. Pas spécialement énorme (je te connais, tu confonds toujours la taille et l’esthétique), mais juste : joli, bien proportionné, ni trop droit ni trop courbe, ni trop gros ni trop long, avec un gland bien dessiné et un prépuce qui décalotte entièrement. Le genre d’organe qui quand on l’a sous le nez motive pour prendre son temps.

Ce que fit le pompeur jusqu’à l’extrême, puisqu’à l’inverse de ce qui se pratique habituellement, au lieu d’accélérer le rythme au fur et à mesure de l’avancée des opérations, il avait plutôt tendance à ralentir. Un peu au début. Puis de plus en plus. Encore et encore. Au point de s’arrêter complètement, une main à la base de la verge, le gland dans la bouche, lorsque sa victime atteignit le point de non retour. Et là, merveille, on vit ce sexe bien tendu agité de spasmes et de convulsions pendant de longues secondes, cependant que le pompeur, imperturbable, s’obstinait à ne plus faire un geste ; jusqu’à ce qu’enfin le sperme s’écoule par la commissure de ses lèvres.

Le problème avec la plupart des garçons, c’est qu’ils ne supportent pas la lenteur. Ils essaient toujours de gigoter, de mettre des coups de reins, ou d’attraper la tête du pompeur pour imposer leur rythme.

C’est précisément pour ça qu’il faut les attacher.

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Instruments de torture

À la fin du XIXe siècle, beaucoup de médecins croyaient que l’énergie vitale de l’homme était contenue dans ses spermatozoïdes. Chaque éjaculation emportait un peu de vie et rapprochait l’insouciant jouisseur de sa tombe. Le jeu en valait la chandelle quand il s’agissait de perpétuer l’espèce humaine ; mais c’était suicidaire quand il s’agissait de répandre sa semence en pure perte ! La Science confirmait enfin l’Église dans sa condamnation de la masturbation, l’homosexualité, et toutes les autres pratiques non fécondes que l’on peut imaginer.

Dans l’Angleterre Victorienne et dans la puritaine Amérique, des médecins affirmèrent doctement, cas cliniques à l’appui, que la masturbation rendait sourd, débile, rachitique, dépressif et conduisait à une mort prématurée ; puis ils inventèrent appareils et techniques pour s’assurer que les jeunes garçons ne risquaient pas leur vie en s’abandonnant à cette pratique.

1. Simple et efficace : un anneau avec des dents tournées vers l’intérieur, d’un diamètre étudié pour que les dents restent inoffensives lorsque le sexe était au repos mais pénètrent la chair à la moindre turgescence. Le Dr Freud qui théorisait la phobie du « vagin avec des dents » a dû adorer.

2. La fin du XIXe siècle, c’est aussi la domestication de l’électricité. Quoi de plus hype pour l’époque que le contrôle électrique des érections intempestives ! Des sociétés commercialisèrent alors des appareils permettant de déclencher une sonnerie d’alarme dans la chambre des parents dès que le sexe de leur enfant chéri dépassait un diamètre fixé à l’avance.

3. Autre instrument sadique, un étui en cuir dans lequel on fourrait le sexe du jeune homme et qui était attaché au pubis… par les poils. À la moindre érection, l’allongement de longueur tendait les attaches et arrachait les poils, causant une douleur suffisante pour chasser durablement toute pensée impure.

4. La cage de chasteté. Vieux comme le monde et indémodable. D’ailleurs, ça existe toujours, je me suis même laissé dire que certains adorent et s’y enferment volontairement. Les modèles actuels sont toutefois sûrement plus confortables (et adaptables aux différentes morphologies…) que ce modèle en laiton.

5. Aller tripoter le sexe de son fils pour y installer un anneau pénien, un détecteur électronique d’érection ou une cage de chasteté, c’est quand même gênant. Aussi certains médecins proposèrent tout simplement d’attacher tous les soirs les mains des garçons tentés par la masturbation. Par exemple dans le dos, ou bien à la tête du lit avec des menottes.

6. Les mesures coercitives, c’est bien, la prévention, c’est mieux. Dès le milieu du XIXe siècle, les Presbytériens suggérèrent que manger des aliments fades et peu épicés devait faire perdre au corps l’habitude du plaisir des sens et par extension, le goût du plaisir charnel. C’est ainsi que le révérend Graham inventa ses crackers et que le Dr Kellogg inventa ses corn flakes. Et c’est vrai qu’en regardant un bol de grains de maïs soufflés, on n’a pas trop envie de se branler.

Ce qui est intéressant, c’est que la répression du plaisir est aujourd’hui une pratique SM répandue, et ça ne devait pas être différent à l’époque. Je vois passer tous les jours dans ma timeline twitter des photos de pratiques bien plus terrifiantes que les appareils ci-dessus ! On peut donc se demander à quel point ces mesures, au lieu de ramener les jeunes garçons sur le droit chemin de la sexualité reproductive, ne les ont pas au contraire encore plus excité et poussé vers davantage de déviance…

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Collectif !

J’habitais Toulouse et par le biais d’un ami qui y jouait ailier gauche, je fréquentais l’équipe de rugby d’une petite ville du Gers. J’allais souvent les voir jouer, j’étais parfois invité aux troisièmes mi-temps, j’ai même participé une fois à leur entrainement un jour que leur talonneur était malade.

Le truc avec le rugby, c’est que c’est un sport de contact. Des mecs qui passent leur temps à se toucher. Pour les besoins du jeu, évidemment, la mêlée, tout ça, mais aussi avant et après. Parce que c’est collectif, tu vois. Une équipe, c’est pas seulement deux fois quarante minutes sur le terrain et après ciao. Le pack, il existe vingt quatre heures sur vingt quatre et sept jours sur sept. Faire partie d’une équipe de rugby, c’est jouer sur le terrain, mais c’est aussi se foutre à poil ensemble dans les vestiaires, prendre des douches collectives, picoler au bar le samedi soir, et s’entraider dans la vie de tous les jours le reste de la semaine.

(Si tu veux mon avis, le rugby, c’est un sport qui a été inventé pour canaliser les pulsions homos, en donnant aux mecs un contexte où se toucher et nouer des relations affectives fortes sans que ce soit « suspect ». Mais chut.)

Bref. Un dimanche après-midi, on était allé assister à un match. Après quoi on avait descendu quelques bières. Puis à la nuit tombée, on s’était entassés dans la 2CV du copain et on avait pris la route pour rentrer. Tu m’imagines, dans la pénombre, coincé à l’arrière entre deux piliers gonflés à la testostérone, flottant dans les vapeurs éthyliques : le voyage était fort sympathique.

Soudain, l’envie de pisser. Forcément, vu toute la bière qu’on avait bue. Je me retiens un moment, mais je sens bien que ça ne va pas tenir jusqu’à Toulouse. Je demande une pause pipi. « Oh non, tu fais chier, si on s’arrête on va rentrer à pas d’heure, t’as qu’à te retenir ! » J’insiste. Le gars à ma gauche s’y met : « non mais moi aussi j’ai envie de pisser… » Un troisième réalise que puisqu’on en parle, finalement, lui aussi se soulagerait bien. Devant la fronde générale, le chauffeur capitule et s’arrête au bord de la nationale. Je m’extirpe de la 2CV et vais me planter dans le champ voisin la bite à l’air.

Une équipe de rugby, ça joue collectif ; j’avais oublié ce détail. Ça joue ensemble, ça picole ensemble… et ça pisse ensemble. Trois secondes plus tard, les quatre gaillards me rejoignent, deux à ma gauche, deux à ma droite, et se défroquent largement. « Attends, on t’accompagne, on ne va quand même pas abandonner un ami dans le besoin… » Une belle brochette de pisseurs dans la nuit gersoise, oui !

Mets-toi à ma place. Impossible de ne pas regarder. Quatre queues de jeunes rugbymen. Une grosse, deux moyennes, une petite. Une circoncise, trois intactes. Des poils. Dans la pénombre. Juste à ma portée. En une fraction de seconde, dix scénarios façon Helix Studios me traversent l’esprit. Cinq garçons, tellement de combinaisons possibles. Avec moi au milieu. L’érection est immédiate, irrépressible, incontrôlable.

Imperturbables, les mecs autour de moi arrosent le champ pendant que j’essaie désespérément de pisser ne serait-ce que quelques gouttes. Rien à faire. L’anatomie masculine est ainsi faite qu’on ne peut ouvrir qu’un canal à la fois. Soit tu pisses, soit jutes. Pas les deux. Pisser en bandant ? Miction impossible. Je me concentre, me force à me décontracter, t’imagines même pas le nombre de muscles et de voies nerveuses à coordonner pour uriner, le détrusor, plusieurs sphincters, les muscles périnéaux, tout le système parasympathique, je respire calmement, au prix d’un effort surhumain, tout en dissimulant mon érection du mieux que je peux, je parviens à émettre : trois malheureuses gouttes.

Regards consternés de mes acolytes. « C’est pour un pissou comme ça que tu nous escagasses depuis une heure ? Putaing, vous avez des vessies miniatures à Paris, ma parole ! »

J’ai bredouillé trois conneries, j’ai refoulé mon envie de pisser et mes scénarios pornos, on est remonté dans la voiture et on a repris la route.

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50 nuances de sextos

Il faisait ses études à l’autre bout de la France mais ses parents vivaient au bout de ma rue. J’avais fait sa connaissance à l’occasion des vacances scolaires alors qu’il revenait passer quelques jours dans la maison familiale. Il prétendait avoir une copine et même être fiancé ; mais ne dédaignait pas se prendre une bite dans le cul de temps à autre. Enfin surtout la mienne, malgré (ou peut-être à cause de) notre différence d’âge.

De temps à autre, cela signifiait en l’occurrence : aussi souvent que le calendrier scolaire de la zone B le permettait, plus quelques week-ends par-ci par-là, lorsqu’il faisait un aller-retour éclair chez ses parents pour cause de linge à laver. Pour le reste de l’année, nous avions nos forfaits SMS illimités.

Évidemment, le problème du sexe par SMS, c’est qu’on a vite fait le tour du sujet. Même en faisant preuve de créativité, une photo de bite reste une photo de bite. Ça n’a rien d’extraordinaire, on en trouve des millions sur internet, pas besoin de jouer au sugar daddy pour ça. Une autre chose qui me tracassait était que j’étais sûr qu’un mec qui se prétendait hétéro tout en étant aussi passif au lit refoulait plein se choses. Je voulais tout à la fois casser la monotonie de nos échanges et pousser mon nouveau sex friend à explorer ses limites. J’avais un plan, il me suffisait juste d’attendre la bonne opportunité.

J’hésitais un instant avant de répondre. Allait-il me suivre ?

Bingo ! J’étais pratiquement sûr qu’un trip soumission l’exciterait ! Et pour m’assurer que sa promesse de chasteté résisterait à la pression de ses hormones, je lui expédiai le jour même tout le matériel nécessaire. La Poste fit son office, et quarante-huit heures plus tard :

Enfiler une cage de chasteté avec une demi-molle n’est pas chose facile, ce qui explique sans doute qu’il lui fallut pas mal de temps, de douches froides et de gel lubrifiant avant de m’envoyer une preuve en image.

L’épreuve n’était pas bien difficile pour une première fois : les vacances débutaient le week-end suivant. Cela représentait à peine trois ou quatre jours d’abstinence. Néanmoins il n’attendit pas le samedi comme prévu pour venir sonner à ma porte, mais passa à l’improviste le vendredi soir, directement en descendant de son train, avant même d’aller déposer ses affaires chez ses parents.

Ne pas respecter l’horaire convenu, c’était un cas de désobéissance manifeste !

— Tu mérites une bonne punition.
— Oui.
— D’abord l’oiseau va rester en cage jusqu’à demain, comme c’était prévu.
— Cool !
— Et puis tant que tu es là, tu vas me sucer, que tu sois pas venu pour rien.
— Super !
— Attends, tu as l’air fier de toi… Tu l’as fait exprès, c’est ça ?
— Évidemment ! Tu voulais de l’imagination et du piment, montre moi ce dont tu es capable : je t’ai désobéi, maintenant tu as jusqu’à demain pour m’inventer une vraie punition. Parce que ce que tu me proposes, là, c’est un peu gentil, hein.
— PETIT CON…
— Allez, sors ta bite que je m’en occupe, on n’a pas la soirée, mes parents vont se demander pourquoi je mets si longtemps à venir de la gare.

Inventer une vraie punition pour le lendemain ? Quelque chose qui ne soit ni trop ni trop peu sévère ? Quelque chose de déplaisant, de contraignant, d’humiliant, mais que je me sente capable de lui infliger ? Et qui soit sexuellement excitant de surcroit ? Aujourd'hui j'aurais plein d’idées ! Mais à l’époque, sur le coup, gros blanc dans ma tête…

Ce soir-là, je me couchai en réalisant que finalement, celui qui allait explorer les limites de l’autre n’était pas celui que j’avais prévu. C’est toujours un peu vexant quand un mec de quinze ans ton cadet te donne une leçon.

Un grand merci à TarVal pour une des photos qui illustrent les copies d’écran des conversations SMS.

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Intimité

Tu peux passer des nuits entières avec un mec, lui sucer la bite, lui lécher les couilles ou lui prendre le cul autant de fois que tu veux, tu ne le connaitras pas vraiment tant que tu ne seras pas allé chez lui. Sa décoration intérieure, les motifs de son canapé, les posters sur ses murs, les bouquins sur ses étagères, les coffrets de DVD sous sa télé, tout cela t’en révèlera plus sur lui que toutes les heures de sexe.

Ça fonctionne aussi dans l’autre sens, bien sûr. Il y avait ce type qui était venu une fois chez moi et qui depuis ne voulait plus me voir que chez lui. Un peu vexant. Ou bien cet autre qui s’était planté devant ma bibliothèque et m’avait demandé, incrédule, si j’en avais lu tous les livres. Ou bien cet autre encore qui n’avait tout simplement jamais voulu mettre les pieds chez moi, peut-être justement par peur de franchir ce degré d’intimité.

Et puis il y avait ce vieux plan cul régulier. Lui en revanche aimait beaucoup venir chez moi – mais je soupçonne que ça n’était pas uniquement pour ma décoration intérieure. On se voyait une fois tous les deux ou trois mois peut-être, quand le hasard nous trouvait connectés le même soir sur le même service Minitel, ce qui ne nous rajeunit pas. C’était toujours lui qui venait. Pas de raison particulière à ça, juste l’habitude. Et puis il amenait des pizzas, ce qui nous donnait une occasion de jouer au jeu du livreur en jogging à poutre apparente et du client qui sort de la douche, tu vois.

Un soir, sa voiture était en révision, il ne pouvait pas se déplacer. Alors c’est moi qui suis allé chez lui.

Tour rapide de l’appartement. Décoration neutre, meubles bon marché de la grosse enseigne locale. Rapidement, il m’entraine dans sa « pièce », celle dont je comprends tout de suite qu’il l’a décorée avec plus de soin que les autres parce que c’est le cœur de sa maison, là où il se sent bien. Une sorte de bureau équipé d’un canapé. Avec des murs couverts de posters de Michel Sardou et de dédicaces encadrées de Michel Sardou. Des étagères croulant sous les briquets, les écharpes, les bobs, les bibelots et autres produits dérivés Michel Sardou. Une bibliothèque remplie de bouquins et de revues sur Michel Sardou. Et à côté d’une grosse télé qui ne devait probablement servir qu’à regarder des VHS de concerts de Michel Sardou, une effigie en carton de Michel Sardou en costume à paillettes. Une putain d’effigie en carton grandeur nature de Michel Sardou.

Moi, je viens du sud mais par tous les chemins, je déteste Michel Sardou. De gustibus et coloribus… Mon hôte m’a entrainé sur le canapé. J’ai proposé d’éteindre la lumière mais il a refusé. Alors nous avons baisé sous le regard bienveillant de l’idole en carton.

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À la cave

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Le plein !

Dès que le témoin orange de la réserve d’essence s’alluma au tableau de bord, perçant l’obscurité de la nuit, il se mit à bander.

De l’autre côté du pare-brise, l’autoroute défilait. Dans la lueur des phares passa bientôt un panneau qui lui apprit que la prochaine station service était distante de vingt kilomètres. Il calcula mentalement. À la vitesse réglementaire de 130 km/h – hors de question de prendre le risque de se faire serrer par les flics avec ce qu’il trimballait dans le coffre – c’était l’affaire de dix minutes à peine. Dix minutes à conduire, la tête pleine d’images pornographiques, la queue gonflée au fond du boxer.

La station se présenta. Il s’engagea sur la bretelle d’accès. C’était une de ces aires modestes, déserte à cette heure-là, avec une partie réservée à la vente de carburant et un parking destiné au stationnement nocturne des poids-lourds ; pas de grand complexe hôtelier, de restaurant, de boutique ou d’aire de jeu, comme on en trouve parfois. C’était parfait.

Il fit le plein du réservoir, essayant de conserver un air naturel malgré l’érection qui déformait son jean ; à peine le caissier remarqua-t-il sa démarche un peu curieuse lorsqu’il vint payer. Puis il regagna son véhicule et le conduisit derrière la station, dans le recoin le plus éloigné et le plus sombre du parking. Il coupa le contact et resta quelques instants dans l’obscurité à observer les alentours. Personne. Dans son boxer, son sexe était plus dur que jamais. Il pressa un bouton au tableau de bord ; dans un discret déclic le coffre se déverrouilla. Enfin il quitta son siège, vint se planter derrière le véhicule et souleva le haillon.

Il contempla un instant l’esclave qui gisait dans son coffre, seulement vêtu d’un jockstrap, recroquevillé sur son flanc droit. Une corde lui entravait les chevilles, une autre lui maintenait les poignets attachés devant la poitrine. Sa vue était obscurcie par la cagoule de latex qui lui enveloppait la tête et ne ménageait que deux petites ouvertures pour les narines et une plus large pour la bouche. Autour de son cou, un collier verrouillé par un cadenas auquel était attaché une laisse ; il tira un peu dessus pour forcer l’esclave à se redresser, le contraignant à se tenir à genoux dans le coffre, à hauteur de son entrejambe.

— « À chaque plein de la voiture, une vidange du conducteur ! C’était notre contrat, tu te rappelles ? » murmura-t-il en dégrafant son jean.

La question était purement rhétorique et n’appelait aucune réponse. Alors sans plus attendre et pour couper court à toute velléité qu'aurait eu l’esclave de parler, il saisit sa tête et empala sa bouche sur sa bite.

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Nike

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Sur la route

Nous devions acheminer une tonne et demi de matériel chez des clients répartis un peu partout en France. Habituellement, pour ce genre de mission, nous faisions appel à un transporteur ; mais pour des raisons mystérieuses, le patron avait décidé que cette fois-ci, nous louerions un utilitaire genre Renault Trafic et nous chargerions nous-même de la livraison. Moi qui adorais « faire la route », je m’étais porté volontaire.

L’autre chauffeur désigné pour le voyage était Charlie, le mari d’une collègue. Un gars charmant et sympa, avec un look de bad boy qui faisait fantasmer les filles et les garçons sensibles de tout le service chaque fois qu’il passait chercher sa femme à la sortie du bureau ; mais je partais sans arrière pensée. Charlie était marié et nous connaissions tous sa femme : on ne pouvait pas faire plus hétéro. D’ailleurs, nous roulions depuis à peine quinze minutes qu’il me parlait déjà de sa petite famille. Je suppose que c’était sa façon de briser la glace en prévision des trois jours que nous allions passer ensemble ; mais c’était aussi le genre de bavardage qui moi, homo bien planqué à cette époque, me mettait mal à l’aise. J’éludai le sujet d’un vague « oh tu sais moi je suis célibataire ».

Jour 1. Auxerre, Beaune, Mâcon, Lyon… Les kilomètres défilaient, la conversation roulait. Était-ce l’effet de la distance grandissante entre lui et sa femme ? À ma grande surprise, mon compagnon de voyage commença à accumuler les comportements ambigus à mon égard. Pourquoi donc, lorsque c’était mon tour de conduire, s’asseyait-il sur le siège du milieu, juste à côté de moi, plutôt que sur le siège de droite, contre la portière passager, comme aurait fait n’importe qui ? Pourquoi ce faisant, sa cuisse était-elle toujours placée de telle sorte que j’étais obligé de la frôler pour passer les vitesses ? Pourquoi éprouvait-il souvent ce besoin de me toucher quand il me parlait ? Pourquoi insista-t-il pour qu’on ne prenne qu’une seule chambre à l’hôtel, alors qu’il était prévu que nous prenions des chambres séparées ? Et pourquoi prenait-il sa douche avec la porte de la salle de bain ouverte ?

Parfois, je me disais que mes hormones me jouaient des tours, que j’interprétais tous ses gestes de travers. Je trouvais des explications rationnelles. Peut-être s’asseyait-il au milieu parce qu’il préférait être bien en face de la route. Peut-être était-il tactile et exhibitionniste avec tout le monde. Peut-être se souciait-il réellement du budget de l’entreprise lorsqu’il proposait d’économiser le prix d’une chambre d’hôtel. Et puis j’étais certain qu’il était hétéro, il était donc impossible qu’il me drague ! L’instant d’après, je me disais au contraire que je ne rêvais pas et que l’accumulation de tous ces indices formait quand même un faisceau d’indices sacrément convergent. Il fallait que je sache.

Jour 2. Clermont-Ferrand, Limoges… Nos livraisons en Rhône-Alpes étaient terminées et nous roulions maintenant vers la côte Atlantique. L’A89 n’était pas encore construite à cette époque et traverser la France d’est en ouest était laborieux. Les petites nationales succédaient aux petites villes et les villages succédaient aux départementales. À la sortie d’un de ces hameaux justement, un auto-stoppeur me donna l’occasion d’une attaque assez directe : je glissai que nous aurions pu nous arrêter pour le prendre au prétexte qu’il « était bien mignon ». Charlie ne releva pas. Un peu plus tard, alors que nous traversions le plateau de Millevaches, je lui fis remarquer que c’était typiquement le genre d’endroit désertique et grandiose où devaient se retrouver les garçons du coin à la nuit tombée pour faire des galipettes dans les fourrés. Aucune réaction non plus.

Ce n’était guère étonnant. Au pire, il n’avait pas compris mes allusions. (La candeur des hétéros est parfois désarmante.) Au mieux, il avait intégré que j’aimais les garçons et cette information n’exigeait effectivement pas une réponse immédiate de sa part. C’était plutôt un indice que je lui laissais pour lui signifier : « j’ai l’impression que tu me dragues mais que tu hésites, alors voilà, maintenant tu sais que je suis homo, soit tu veux qu’il se passe quelque chose et la balle est dans ton camp, soit tu ne veux pas et tu arrêtes de me chauffer pour rien ! »

La balle était dans son camp mais hélas, il ne la saisit pas au bond. Le soir à l’hôtel, rien ne se passa. Est-ce qu’il n’avait pas compris ? Est-ce que comme moi, il n’osait pas franchir le pas, de peur de s’être trompé, d’avoir mal interprété les allusions et les comportements de l’autre ? Deux garçons homosexuels qui n’osaient pas s’avouer leur attirance, chacun par crainte que l’autre soit homophobe et réagisse mal ; tellement classique et à la fois tellement triste…

Jour 3. Bourges, Vierzon, Orléans… Notre périple touchait à sa fin. Nous étions à moins de cent de kilomètres de Paris. Il me restait une heure pour percer le mystère. Une pause sur une aire d’autoroute allait m’en donner l’occasion.

Je m’étais garé à l’écart de la station service, dans la zone réservée aux poids-lourds. Il faisait nuit et sur ce parking où pour respecter le sommeil des routiers, l’éclairage était quasiment absent, nous distinguions à peine nos propres mains. Comme à son habitude, Charlie était assis sur le siège central. C’était son tour de conduire mais épuisé par ces trois derniers jours, il s’assoupit rapidement ; je le laissai dormir. Après tout, nous n’étions pas pressés. J’entrouvris la fenêtre, cherchai une cigarette à tâtons, l’allumai et me mis à rêvasser, regardant passer au loin les véhicules sur l’autoroute.

Le contact de la tête de Charlie sur mon épaule me tira de ma rêverie. Allons bon. Était-ce un geste inconscient dans un demi-sommeil ou une tentative désespérée, à une heure de la fin du trajet, de me faire enfin comprendre qu’il voulait aller plus loin ? J’hésitai quelques instants sur la réaction à avoir, puis dans le doute, et peut-être aussi par jeu, je décidai de répondre par un geste tout aussi ambigu que le sien : je fis mine de m’étirer, de chercher une meilleure position sur mon siège et de m’endormir ; ce faisant, le dos de ma main droite atterrit négligemment sur sa cuisse gauche. Le contact de son jogging en coton, la chaleur de sa peau m’électrisèrent.

Charlie, lui, ne réagit pas. Soit il dormait et ne s’était rendu compte de rien ; soit il me donnait son accord tacite pour continuer. J’optai aussitôt pour la seconde option. Je retournai ma main, paume contre sa cuisse, et la remontai légèrement vers son entrejambe. Un peu. Puis un peu plus. Puis encore davantage. C’est alors que mes doigts découvrirent qu’il bandait.

Il ne dormait donc pas ! Depuis trois jours, c’était bien la première fois que je parvenais à décrypter avec certitude les désirs de Charlie… Il continuait néanmoins à faire mine de ne s’apercevoir de rien. Aucune importance, ce petit jeu me convenait parfaitement !

Toujours sans rien dire, puisque c’était ce qui semblait l’amuser, je laissais courir mes doigts le long de la bosse que formait sa queue à travers le tissu. Il ne semblait pas porter de sous-vêtement ; il avait sans doute prémédité son coup… Je me fis plus précis dans mes mouvements, alternant les simples caresses et les pressions plus appuyées, mais toujours en évitant soigneusement ce que je devinais, à tâtons dans l’obscurité, être son gland. Parfois sa respiration se bloquait quelques instants et alors sa queue se raidissait davantage. Nous étions passés de la drague, avec tout ce que cela peut comporter d’incertitude et d’espoirs, au sexe. L’hypothétique, espéré depuis trois jours, était devenu inexorable. Et c’était bon.

À la façon dont s’était comporté Charlie jusqu’à présent et sachant qu’il était marié, j’étais plus enclin à voir en lui quelqu’un qui recherchait quelques caresses viriles « entre potes » plutôt qu’un baiseur débridé. Je décidais de lui offrir ce qu’il voulait. Toujours aussi lentement et toujours sans dire un mot, je glissai ma main sous l’élastique de son jogging et me faufilai parmi les poils. La peau était moite. Je saisis doucement son sexe. Il mouillait beaucoup. Je plaçai mes doigts autour de son gland et profitant de ce lubrifiant naturel, j’entrepris de petits mouvements rotatifs de mon pouce sur son frein. La respiration de Charlie se fit plus bruyante. Je remarquai soudain que les vitres du Renault Trafic s’étaient couvertes de buée.

Pendant de longues minutes je jouai avec son frein, variant la pression ou la vitesse au gré de mon humeur, ralentissant lorsque je le sentais venir et reprenant de plus belle lorsque je le sentais s’éloigner. Parfois, je lâchai son gland quelques secondes pour laisser un doigt courir autour de sa couronne, descendre le long de sa verge, jusqu’à la zone très sensible située entre les testicules et de la cuisse ; puis je revenais inlassablement à mon obsession première : son frein. Tout l’être de Charlie, toutes ses pensées, toute son attention étaient maintenant concentrés dans les quelques centimètres carrés de peau qui s’étendaient à l’arrière de sa queue, de la base à l’extrémité de son gland ; et c’était entièrement le fait de ma volonté. Je jouissais d’avoir ce pouvoir sur lui. Je pouvais le rendre fou de frustration et obtenir de lui tout ce que je voulais en un instant : il me suffisait de retirer ma main. Il était sous mon contrôle.

Enfin je décrétai que le jeu avait assez duré ou plutôt, qu’il ne pourrait plus l'endurer très longtemps. Je le fis venir de quelques caresses plus lentes et plus appuyées. Dans un râle à peine perceptible, il se répandit en jets puissants et saccadés.

J’ôtai ma main de son jogging et m’allumai une nouvelle cigarette. Charlie n’avait toujours pas dit un mot. Je mis le contact, démarrai le moteur, essuyai la buée sur le pare-brise, allumai les feux de croisement. Nous reprîmes la route. Dans la cabine flottait l’odeur caractéristique du sperme.

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Briques

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VHS

De nos jours, chacun peut trouver en abondance et à volonté son porno favori. Mais à l’époque, les sources d’approvisionnement étaient rares et incertaines. Tel ami avait un grand frère qui planquait sous son lit des cassettes vidéo à la provenance obscure, tel autre avait des parents abonnés à Canal+ et pouvait enregistrer discrètement le porno du samedi soir, tel autre bossait parfois dans un vidéo club où il pouvait emprunter des films pour adultes… Il ne fallait pas être trop exigeant. C’était porno hétéro des années soixante-dix ou rien. Faute de grives, je mangeais des merles de la chatte.

Atterrit un jour en ma possession, je devais avoir dix-neuf ans, une vidéo faite d’une succession de courtes scènes de fellations probablement extraites d’autres films du même producteur, un truc à mi-chemin entre le best of et le spot publicitaire géant. J’ai accroché immédiatement. D’abord, la pipe, c’est en plein cœur de mon champ onanique. Ensuite, cette compilation présentait l’avantage de montrer un assez grand nombre d’acteurs et d’ambiances, à l’inverse des pornos classiques où il fallait se taper douze scènes de cul quasiment identiques avec les trois mêmes acteurs. Enfin et surtout, il y avait aux deux tiers du film environ, un Black magnifique qui se faisait sucer, debout, les poings sur les hanches, viril et triomphant, au milieu d’un pré verdoyant.

Tu sais, parfois tu te promènes dans un musée, il y a plein de jolis tableaux mais l’accumulation finit par être un peu écœurante, tu ne sais plus trop où regarder, tu commences à t’ennuyer et soudain, le hasard te mène devant cette toile et tu restes scotché devant, en extase. L’irruption de ce jeune et beau métis, après une heure de moustachus entre deux âges comme seul le cinéma pour adulte des années soixante-dix savait en offrir, c’était ça. La mer qui apparaissait à l’horizon après des heures d’autoroute quand tu partais en vacances, le premier week-end ensoleillé que tu passais au parc à pique-niquer après un long hiver ; le truc joyeux qui réanimait instantanément en toi intérêt et érection après un long tunnel de fellations convenues.

Mais si cette scène d’à peine quatre minutes dégageait une puissance érotique formidable, elle possédait aussi une particularité incroyablement frustrante : on ne voyait jamais la bite du mec. Les plans de dos révélaient les jolies fesses de l’acteur, les plans de face montraient la nuque de la fille ; quant aux rares plans de profil, le seul où la vue n’était pas bouchée par un buisson ou un bout de vêtement ne durait qu’une fraction de seconde et tombait pile-poil (tu ne vas pas le croire) au moment où le sexe du monsieur disparaissait entièrement dans la gorge de la demoiselle. Comment un cadreur et un réalisateur avaient-il pu produire une telle hérésie ? Une scène de fellation où l’on ne voyait jamais le moindre bout de bite ! Et pourtant. La recette était efficace : j’ai dû voir et revoir cette pipe champêtre un bon millier de fois.

Hélas, à passer et repasser ainsi sur la tête de lecture, la bande magnétique s’usait inexorablement. Petit à petit la scène se couvrit de neige et de larges bandes blanches horizontales ; puis l’image se mit à sauter, d’abord un peu, puis de plus en plus, rendant toute lecture impossible. L’usure fut encore aggravée par le ralenti et la touche pause dont j’abusais particulièrement à cet endroit. Quelle tristesse de savoir que ma scène porno favorite s’effaçait chaque fois un peu plus au point que je devrais un jour m’en passer ! Quelques années plus tard, à force de frotter sur le mécanisme de lecture, l’excitante fellation n’était plus que poussière d’oxyde de chrome au fond du magnétoscope et la cassette fut bonne à jeter.

Je ne saurais jamais à quoi ressemblait la bite de l’acteur porno qui m’a le plus fait fantasmer de toute ma vie. Mais finalement, est-ce si grave ?

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Dix choses sur la fellation

1. J’avais 17 ans la première fois que je me suis fait sucer, c’était à une fête après une manif étudiante contre le projet de loi Devaquet, j’étais tellement défoncé que je n’en garde (presque) aucun souvenir. J’avais 24 ans la première fois que j’ai sucé un mec, je l’avais rencontré sur le Minitel 3614 BH2 et je n’oublierai jamais le goût salé de sa bite. Pourquoi sept ans d’écart ? Parce qu’entre les deux je n’avais connu que des filles, ce qui techniquement pose un problème pour sucer.

2. Une partie de la version studio de You’re Lost, Little Girl des Doors a été enregistrée alors que le chanteur Jim Morisson se faisait sucer par sa copine. Après de nombreuses prises décevantes, c’est la façon qu’a finalement trouvé le producteur pour obtenir la voix douce qu’il voulait sur cette chanson.

3. Je pourrais te raconter que je suce comme un dieu, tous les pédés prétendent sucer comme des dieux. Mais la réalité est que je n’en sais foutrement rien vu que je n’ai jamais baisé avec moi-même. En fait, j’ai souvent constaté que les mecs qui se vantent le plus d’être des pros de la suce sont aussi ceux qui sucent le moins bien. Ou du moins pas comme j’aime. Je préfère donc m’abstenir de me vanter de quoi que ce soit.

4. En 1964, Andy Warhol réalise un court-métrage intitulé Blow Job. Tu peux y voir pendant trente cinq minutes le visage de l’acteur DeVeren Bookwalter en gros plan alors qu’il se fait sucer par un inconnu, ainsi que le montre l’image ci-dessous, extraite du film.

5. Tout comme le mot bière peut regrouper sous une même appellation des boissons complètement différentes, une variété infinie de pratiques se cachent derrière le mot fellation. La gamme s’étend du mec qui te lèche langoureusement et te suce en douceur pendant plusieurs heures, jusqu’à la grosse brute qui exige que tu fasses le marteau-piqueur dans sa bouche. Ma préférence, que ce soit comme suceur ou comme sucé, va à la première catégorie.

6. Afin de sauvegarder les bonnes mœurs, les urinoirs publics qui fleurissent à Paris à la fin du XIXe siècle sont spécifiquement conçus pour qu’il soit impossible d’y sucer quiconque. En effet, les murs qui dissimulent l’intimité des messieurs sont à dessein ouverts jusqu’à une hauteur de quatre-vingt centimètres environ, de sorte qu’une personne qui se tiendrait à genoux devant une autre serait immédiatement repérable de l’extérieur.

7. Malgré cette astucieuse disposition, certaines toilettes publiques deviennent des lieux de drague homosexuelle notoires. En 1876, le comte Eugène Le Bègue de Germiny, figure de la droite catholique parisienne, grand défenseur de la famille et de la religion aux élections législatives deux ans plus tôt, se fait griller par la maréchaussée le pantalon sur les chevilles et la bite dans un jeune ouvrier de 18 ans. La France entière est hilare.

8. Le meilleur suceur que j’aie jamais connu, un gars qui savait faire exactement ce que je voulais au moment où je le voulais sans que j’aie besoin de rien lui dire, un gars qui arrivait à me tenir au bord de, à la limite de la, pendant plusieurs dizaines de minutes, eh bien ce gars était hétéro et marié avec des enfants. Quel gâchis.

9. J’avale.

10. Enfin, sache qu’il n’est pas socialement acceptable de proposer une fellation à un inconnu croisé dans le métro. Même s’il est en jogging, même s’il a un gros paquet, même s’il te le colle à vingt centimètres du visage parce qu’il est debout dans le couloir bondé pendant que tu es assis à ta place. Et c’est la chose la plus frustrante qui existe au monde.

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